lundi 5 mars 2007

Prophétie

PROLOGUE

Extrait de « La Gazette » de Pont-Saint-Esprit du 3 août 1964 ; à la une :

« La mémoire de notre petite ville est à jamais marquée ».

Cette phrase de notre maire pendant l’enterrement des victimes peut résumer, à elle seule, la plus horrible affaire de meurtre de toute notre histoire. Elle exprime aussi tout le chagrin des familles en deuil. Je veux, au nom de la rédaction, adresser mes condoléances aux familles des dix victimes. Ces dix victimes sauvagement assassinées, horriblement torturées dans une cave de notre petite ville.

Jamais les habitants n’auraient pu imaginer, ne serait-ce qu’une seconde, que l’horreur se trouvait près de chez eux. Pourtant, elle aurait continuée si un honnête citoyen n’avait pas prévenu la police. Il entendait des cris la nuit, depuis trois jours, dans la maison de son voisin. Intrigué et n’écoutant que son courage, il s’y introduisit pendant que son locataire était sorti. Il ne tarda pas à découvrir les corps des victimes, découpés en morceaux. Certains dans son frigidaire, d’autres dans les placards et dans la cave.

La police arriva pour procéder à l’arrestation mais le forcené s’était retranché chez lui. Le temps que la police force la porte d’entrée, le meurtrier gisait sur le sol de la cave, s’étant ouvert la poitrine au couteau ; au même endroit où il accomplissait ses abominables meurtres.

Jamais le nom de David Vernet n’avait suscité autant d’émotions et de haines. Il fut consumé puis jeté dans les eaux du Rhône afin que son esprit soit lavé, selon la vieille coutume locale.

Les victimes, parmi lesquelles se trouvaient sa femme, ses deux fils de cinq et deux ans, ses deux filles de quatre ans et six mois, ont été enterrés dans le cimetière municipal. Les cinq autres victimes faisaient partis du voisinage.

Le docteur Jacques Mandeux explique que la folie destructrice et meurtrière de David Vernet se propageait très vite, le besoin de tuer était comme une drogue ; mais quant à savoir comment un homme peut devenir un tueur sanguinaire et anthropophage : la question demeure et demeurera sans réponse…



1

Tout a commencé au lycée Gérard Philipe, à Bagnols-Sur-Cèze, pendant la récréation de l’après-midi du 13 juin 1996. Le soleil brillait haut dans le ciel et l’été s’annonçait chaud.

Florent Belcourt discutait avec quelques amis à propos du dernier film de Zabou, la célèbre « actrice », quand Sébastien Deladyl, son meilleur pote, l’interpella. Ils se serrèrent la main comme d’habitude et Séb dit :

« J’ai trouvé un moyen infaillible pour sortir avec Cindy et Naomi !

- Ah, ouais ! Vas-y explique ton plan foireux.

- Si tu veux pas marcher dans la combine, je me casse…

- Mais, attends, je plaisante…Raconte ».

Le visage de Sébastien s’illumina puis il reprit :

« Hier, j’ai entendu ma sœur parler avec Karen, la cousine de Cindy, et elle lui a raconté que sa cousine aimait tout ce qui touche au surnaturel, au spiritisme. (Il se tut un instant, observant les réactions de son ami). Alors, je me suis documenté sur le sujet et, à la bibliothèque, j’ai emprunté un livre qui s’appelle : « Séances de spiritisme à domicile » ou un titre bidon dans le genre…

- Et alors ? l’interrompit Florent.

- Eh ben, on n’a qu’à invité les deux filles pour une séance « privée » de spiritisme, si tu vois ce que je veux dire. (Sébastien lui donna un léger coup de coude dans le ventre en rigolant). Seulement…Y’a un tout petit problème…

- J’en étais sûr, le coupa Florent en se tapant dans les mains. Vas-y, accouche.

- On ne peut pas faire cette séance chez moi. Alors est-ce qu’on pourrait la faire chez toi ? »

Florent réfléchit quelques instants puis se rappela que ce samedi, ses parents allaient chez des amis qui revenaient juste des Etats-Unis et avaient organisés cette fête pour leur retour. Finalement, il dit :

« C’est bon…

- Ouais, génial ! s’exclama Sébastien en montrant un poing serré, en signe de victoire.

- Mais…reprit Florent.

- Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ? demanda-t-il.

- Il faut que vous veniez ce samedi vers neuf heures.

- O.K. Pas de problèmes. J’ai encore deux jours pour les convaincre.

- T’oublies pas d’apporter ton livre parce que je me vois mal improviser des conneries.

- Ne t’inquiètes pas, j’oublierai pas.

- N’oublies pas les deux filles, aussi.

- Attends, tu me prends pour qui ?

- Je préfère ne pas répondre…je risquerai d’être méchant, le chambra Florent.

- Espèce d’enfoiré, va…Bon je dois y aller…A samedi, alors, dit Séb en s’éloignant.

- A samedi ».

2

Samedi 15 juin 1996. Il était neuf heures moins vingt-cinq et il faisait très chaud, pratiquement 25° C à l’ombre, mais c’était l’habitude dans le Sud de la France.

C’était l’agitation à la résidence Belcourt ; en ce qui concernait les parents tout du moins car Vincent, le cadet, n’en avait absolument rien à faire.

Encore un dîner barbant, avec des gens barbants. Tous des cons et plus hypocrites qu’eux tu meurs. Je paries qu’à force de sourire toute la soirée, ils ont mal aux joues. Bref, c’est la joie ! Putain que j’aimerais rester à la maison.

« Allez, Vincent ! Dépêche-toi ! lui cria sa mère, Carole, depuis le salon.

- J’arrive ! répondit-il sur le même ton ».

Il se recoiffa avec un petit peigne. Il était en face du miroir qui servait de porte à son placard à vêtements. Il ajusta une dernière fois sa chemise en coton ; il l’épousseta de la main puis se baissa pour faire tomber les pans de son jeans noir, sur la languette de ses chaussures beiges en daim. Il se dirigea ensuite dans le couloir menant au salon.

Sur sa gauche, au fond, se situait la chambre de son grand frère. Il était en terminal scientifique. C’était un petit génie de l’informatique et des maths. Tout le contraire de Vincent qui détestait les maths, la physique et qui préférait les matières littéraires. Il adorait lire des romans. Il avait une préférence pour le fantastique et avait lu tous les livres de son maître : Stephen KING. Il aimait aussi la littérature classique et les auteurs français du dix-neuvième siècles comme Balzac, Maupassant, Flaubert ou Hugo…Il rêvait d’écrire plus tard et s’entraînait à écrire des histoires mais il abandonnait souvent faute de persévérance.

Il se trouvait en face de la porte conduisant à la très ancienne chaudière à mazout. Il monta un petit escalier composé de cinq marches et entra dans le salon. Sur le mur de gauche, se dressait un bureau de ministre (enfin, c’était ce que sa mère disait), dont le devant avait été recouvert d’un carré de tissu de velours rouge ; au-dessus, une rangée de livres de psychologie et de philosophie trônait. A côté de ce bureau, se trouvait un imposant buffet, alternant le marron très clair et le marron très foncé. Dans les quelques vitrines, qui le composait, des théières rapportées d’un voyage à Fès, au Maroc, nuançaient avec la modernité des lignes du meuble. Une table basse se trouvait entre la télévision soixante-dix centimètres et le buffet ; elle était d’un marron très sombre. Près de la grande baie vitrée, le chevalet de sa mère était éclairé par les flamboyants rayons roux du soleil de ce début de soirée. Adossé au mur du fond, un canapé en cuir blanc était assorti au fauteuil juste devant la table basse et à côté du « meuble-téléphone » (mot savant pour désigner le meuble sur lequel était posé le téléphone).

Carole l’appela de nouveau, se faisant plus pressante :

« Vincent ! On va être en retard !

- C’est bon…Je suis là, répondit-il presque en soupirant ».

Sa mère se tenait dans l’encadrement de la porte, elle était vêtue d’un chemisier blanc en soie douce et d’un jupe noire lui arrivant au niveau des genoux. Ses cheveux bruns mi-longs faisaient ressortir son visage vierge de tout maquillage, qui, lui-même, laissait apparaître ses yeux verts d’une profondeur incroyable. Elle ne semblait pas avoir accueilli, un mois plus tôt, ses quarante et un an. Elle posait une main sur sa hanche et semblait furieuse ; mais elle regardait son fils avec une sorte d’amour maternelle évident. Elle lui murmura :

« Allez, je sais que tu n’as pas envie de venir mais fais un petit effort pour ton père et moi, hein ?

- D’accord, soupira-t-il ».

Elle s’écarta, le laissant sortir puis, avant de refermer la porte, cria :

« Florent, on y va…Sois sage !…On rentrera assez tard…

- D’accord ! hurla-t-il depuis la salle de bain ».

Il était en train de se mettre du déodorant sur le torse et sous les bras. Il enfila ensuite une chemise à manches courtes et se recoiffa. Il entendit la porte d’entrée se refermer, le claquement de la portière de la Renault Clio puis le bruit, si familier, de son moteur. Elle partit pour ne devenir qu’un bruit indistinct dans le vacarme de la circulation. Florent fut soulagé et exulta intérieurement.

Ouais, enfin seul à la maison…mais pas pour longtemps. Dans dix minutes, deux meufs sublimes arrivent…ça va être la fiesta !

Il souriait à son reflet dans le miroir de la petite salle de bain.

« Tu sais que t’es un putain de beau mec, toi ? se demanda-t-il en se lançant un sourire de séducteur puis il se fit un clin d’œil. Je parie qu’on a dû te le dire souvent ».

Il s’observa une dernière fois, histoire d’être sûr de n’avoir rien oublié ; il ouvrit la porte de la salle de bain, longea le corridor et entra dans le salon. Il s’affala dans le canapé adossé au mur et regarda l’heure affichée sur le cadran digital du magnétoscope Philips : 20 H 55.

Allez, plus que cinq petites minutes !

Il prit le magazine de programmes télé qui était posé sur la table basse et le feuilleta. Il tomba sur les émissions de la soirée : un divertissement idiot sur une chaîne, un autre divertissement encore plus idiot sur sa chaîne rivale, un téléfilm sur le milieu rural en France profonde sur une autre, une série franco-allemande policière et des séries fantastiques américaines pour finir.

Et on se demande pourquoi les gens sortent en boîte le samedi…

Il feuilleta encore quelques pages puis, alors qu’il allait allumer la télévision, la sonnette retentit.

Tiens, ils sont déjà là ? Il se leva brusquement, impatient. Non, pas de précipitations, il faut laisser mijoter les invités. C’est surtout qu’il ne faut pas faire le mec en manque, oui !

Il attendit la deuxième sonnerie puis se dirigea vers la porte d’un pas nonchalant. Il aperçut les trois silhouettes à travers une sorte de vitre épaisse déformante, qui se trouvait au centre de la porte d’entrée massive. Il l’ouvrit et Séb s’exclama :

« Salut !

- Salut ! répliqua Florent, un magnifique sourire épanouit sur les lèvres. Alors tu me présentes pas tes copines ?

- Mais si. (Il se tourna vers sa droite). Cindy, je te présente Florent ».

Elle portait un body lui arrivant juste au-dessus du nombril. Il était moulant, super-moulant. Elle avait aussi un sweat-shirt noir attaché autour de la taille. Sa mini-jupe satinée grise épousait délicatement ses formes fines. Ses chaussures à haut-talons plats étaient bleus foncés. Ses cheveux longs, libres et blonds lui arrivaient jusqu’au bas du dos ; ils éclataient de reflets brillants. Son visage parfait soulignait l’éclat de ses yeux marrons, mais pourtant très clairs. Elle sourit radieusement, montrant ses dents extrêmement blanches puis lui dit :

« Salut, Florent. Sébastien m’a dit que tu t’y connaissais en spiritisme ».

Florent fut stupéfait mais garda son calme et continua à sourire. Il haussa légèrement les épaules, genre le mec qui n’aime pas trop les honneurs. Il foudroya Séb du regard comme s’il lui disait : « Toi, mon vieux, si j’avais mon 9mm sur moi, j’t’aurais collé un pruneau entre les deux yeux ». Son ami reçut le message très clairement car il s’empressa de répliquer :

« Mais oui, il s’y connaît. Mais ne soyez pas impatientes, vous verrez ses « talents » après ».

Il se tut, se tourna vers sa gauche et reprit :

« Naomi, je te présente Florent…

- Salut, Flo. Ça boom pour toi, le coupa-t-elle en tendant la main à Florent qui lui saisit aussitôt ».

Il regretta par la suite son geste car elle avait plutôt une poigne de fer.

Son passe-temps c’est sûrement pas la lecture, pensa Florent.

Néanmoins, elle était plutôt mignonne. Elle avait des cheveux bruns très foncés, ils étaient en queue de cheval et lui arrivaient au niveau des omoplates. Elle portait une chemise transparente blanche entre ses seins ; on pouvait presque apercevoir son soutien-gorge au travers. Elle avait aussi un petit short en jeans très serré ; tandis que ses chaussures de sport noires nuançaient avec ses petites chaussettes blanches. Elle reprit :

« Elle est géniale cette baraque ! Dans quelle pièce on va faire la séance ? ».

Florent réfléchit quelques instants puis dit :

« Dans la cave. Qu’est-ce que vous en dîtes ?

- Moi, ça me paraît idéal, répondit Cindy.

- O.K. pour moi, accepta Naomi.

- Eh bien, allez rentrez ».

Florent s’écarta légèrement de la porte. Ils entrèrent tous dans le corridor ; d’abord les deux jeunes filles puis Séb. Elles se dirigèrent vers la cuisine. Florent voulut les suivre mais Sébastien le tira dans le salon et lui dit :

« J’ai eu un petit problème avec le livre… en fait…je l’ai perdu…

- Quoi ?! s’exclama Florent.

- Chut, pas si fort, idiot. Ne t’inquiètes pas, tu me connais quand même je trouve toujours une solution aux problèmes…Alors, en venant j’en ai acheté un dans la boutique du vieux Morvan…

- Tu l’as amené, j’espère.

- Bien sûr, tu me prends pour qui ?…Seulement…

- Je le savais ! Je le savais !

- Mais non, ne panique pas, c’est juste que le livre est un peu…bizarre…

- Comment ça ? Fais voir ».

Sébastien le prit dans la poche arrière de son jeans noir et le tendit à Florent. Ce livre avait l’air très vieux. Florent pensa aux livres manuscrits du moyen-âge. Il était petit mais fin. Sa couverture était en cuir noir très usé. Pas de titre apparent. Il ouvrit alors le livre et sur la première page était écrit le titre : SPIRITISME DEMONIAQUE.

Il tourna quelques pages pour arriver au chapitre un. Il put lire :

3

CHAPITRE PREMIER : L’ INCANTATION.

Cette première phase doit s’effectuer dans un endroit sombre, qui ne voit pas la lumière du soleil car l’obscurité favorise le regroupement des évènements néfastes dans un lieu. En général, dans les bâtiments, la cave est cet endroit. Bien sûr, la puissance des apparitions varie selon le passé de la maison : plus les évènements sont horribles, plus l’incantation est dangereuse. Il est impossible de contrôler les esprits ; une fois que vous les libérez, vous ne pouvez les renvoyer dans l’au-delà…

Je dois avertir le lecteur contre les dangers d’une telle incantation dans le cas où le passé de la maison se révèlerait trop meurtrier. Toutefois, si après ses mises en garde, vous souhaitez continuer, voici les préparatifs :

Premièrement, tracez un pentacle (ou étoile à cinq branches) avec du sel. Il faut le faire assez grand pour pouvoir laisser passer les apparitions matérielles des esprits.

Deuxièmement, entourez le pentacle toujours avec le sel ; il faut que les cinq extrémités des branches soient reliées entre elles.

Troisièmement, placez-vous sur le cercle (vos pieds doivent toucher le sel).

Quatrièmement, une personne doit réciter l’incantation suivant


Puissance démoniaque

Trop longtemps restée

Dans cette obscurité

Sors ! Je te l’ordonne

Et viens te matérialiser.

Traverses la frontière,

Parcours les limbes

Qui étaient pour toi

Demeure éternelle.

Ressurgis dans le présent

Apparais au milieu du cercle,

J’ouvre la porte

De ta prison temporelle !

Toutefois, il existe un moyen d’arrêter le passage des âmes tourmentées, mais il faut l’exécuter rapidement, il faut défaire le cercle et le pentacle…

Florent arrêta sa lecture et feuilleta le livre. Il vit les chapitres suivants :

CHAPITRE DEUXIEME : LES APPARITIONS

CHAPITRE TROISIEME : LES PROBLEMES

CHAPITRE QUATRIEME : LE POUVOIR

Il s’arrêta et lut un passage intéressant :

…il faut savoir que la matérialisation des esprits nécessite beaucoup d’énergie. Il est donc impossible aux esprits de demeurer dans notre monde très longtemps, à peine une heure ou deux pour les plus fortes que j’ai rencontré…

Il s’arrêta de nouveau puis alla à un chapitre qui l’intéressa. Il comprenait plusieurs articles de journaux :

CHAPITRE CINQUIEME :

DOCUMENTS SUR DES CAS DE MAISONS

POSSEDEES PAR LES ESPRITS

Extrait du « Midi Libre » du Vendredi 7 janvier 1980 (département du Gard) :

Un homme prétend avoir tué sa femme et son fils. Il s’est rendu au commissariat où il a été mis en garde à vue puis écroué. Un voisin avait déjà averti la police car il avait entendu des cris et des hurlements. Lors de la reconstitution, l’homme s’est effondré et s’est exprimé en pleurant :

« Je ne voulais pas…C’est la maison…cette maudite maison…Elle m’a forcé…Moi, je ne voulais pas…leur faire de mal…La maison m’a dit de les enterrer…dans la cave…Elle s’est servie de moi ».

La police a cherché les cadavres dans la cave mais n’a toujours rien trouvé. Il n’y avait même aucune trace d’un quelconque crime perpétré dans la maison, selon certains enquêteurs. L’homme attends toujours d’être jugé pour ses crimes et a été placé dans un hôpital psychiatrique après que les experts l’aient examiné…

Dans ce cas, il y a plusieurs hypothèses :

Premièrement, l’homme était peut être fou mais cette hypothèse semble à écarter car, en effet, l’homme n’avait aucuns antécédents familiaux et menait une vie très confortable (au point de vue affectif et financier, s’entend). Son casier judiciaire était de surcroît vierge. On peut donc remettre en cause l’hypothèse de la folie.

Deuxièmement, quelqu’un peut avoir fait une incantation pour appeler les forces du Mal, mais dans ce cas, il faut que la maison ait un passé terrible. C’est pourquoi j’ai fait des recherches et j’ai trouvé des informations sur…

4

« Alors qu’est-ce que vous faites ? leur demanda Cindy qui se trouvait dans l’encadrement de la porte. Dépêchez-vous, il faut commencer.

- On arrive les filles, s’enquit Sébastien. (Il se retourna vers son ami : ) Alors, qu’est-ce que tu en penses ?

- Eh bien…c’est vrai que c’est étrange…A mon avis le mec qui a écrit ce machin, il devait fumer autre chose que du tabac…Mais bon, après tout, on s’en fout un peu, non ? » .

Ils éclatèrent de rire.

« T’as foutrement raison, dit Séb.

- De toute façon, on a pas le choix : on est obligé de se démerder avec ce qu’on a ! ».

Ils sortirent de la pièce et rejoignirent les deux filles qui se trouvaient dans la cuisine. Naomi tenait un vase entre les mains ; elle se retourna, le posa puis dit :

« Eh ben, les mecs, qu’est-ce que vous foutiez ? Faut se grouiller ».

Florent traversa la pièce et se dirigea vers la porte menant à la cave puis l’ouvrit. Il fit un geste de la main en direction du sous-sol et dit :

« Après vous, je vous en prie.

- Oh la la, remarqua ironiquement Naomi qui mit les mains dans les poches de son short en jeans. Un vrai gentleman. ».

Elle avança. Florent alluma la lumière. Elle était faible car il n’y avait qu’une seule ampoule. Elle commença à descendre les marches, lentement. Cindy, prise d’un frisson, la suivit aussitôt. Sébastien lui emboîta le pas et Florent allait les suivre quand il se rappela brusquement qu’il avait besoin de sel pour « l’incantation ». Il se dirigea à côté du four et prit le sel qui se trouvait sur une petite étagère. Il se précipita, ensuite, dans les escaliers…

5

La cave était obscure, elle était composée de deux pièces. Dans la première, celle dans laquelle ils se trouvaient, un bric-à-brac incroyable s’entreposait. Sur l’établi à outils de son père, quelques objets aussi divers qu’un marteau, un tournevis, des pinces, toutes sortes de clés plates et de longs fils électriques s’entassaient. Sur les étagères murales, à côté, étaient rangés les pots de peinture. Face à eux, les conserves s’emboîtaient maladroitement et de guingois. Une arche, servant de passage vers l’autre pièce, mettait mal à l’aise : on voyait la « porte », mais, au-delà l’obscurité dominait. Cela ressemblait à un grand trou noir d’où pouvait surgir à tout instant un monstre sorti de vos pires cauchemars , pour vous faire visiter leur monde chaotique et effroyable. L’immense néant semblait vous fixer de son œil aveugle, vous renvoyant à la part la plus ténébreuse tapie en vous…

Ils se retrouvèrent tous les quatre au milieu de cette grande pièce, chacun regardant dans une direction différente. Quand Séb remarqua que les filles étaient un peu impressionnées par l’endroit, il se sentit obligé de faire le gros macho :

« Ne vous inquiétez pas les filles, avec moi il ne peut rien vous arriver. Ah, ah, ah…

- La ferme ! répliqua sèchement Naomi ».

Le pauvre Séb ne savait plus où se mettre tellement il était rouge. Son ami le vit et s’empressa de dire :

« Eh bien, si on commençait ?

- D’accord, répondit Cindy en se frottant les bras ».

Elle avait la chair de poule. Quand elle s’en aperçut, elle dénoua le sweat-shirt noir, à manches longues qui était autour de sa taille fine et l’enfila.

Florent se dirigea vers le centre de la pièce, ouvrit la boîte contenant le sel et le répandit en effectuant le pentacle, comme l’expliquait le livre. Il faisait environ un mètre cinquante de diamètre. Ensuite, il versa le sel en formant un cercle autour de l’étoile à cinq branches. Il dit :

« Maintenant, vous devez tous toucher le cercle avec vos pieds ».

Ils s’exécutèrent aussitôt. Les deux garçons se retrouvèrent en face et les filles aussi. Florent prit le livre dans la poche arrière de son jean. Il l’ouvrit, chercha la page puis se mit à réciter :

« Puissance démoniaque trop longtemps restée dans cette obscurité. Sors ! Je te l’ordonne et viens te matérialiser. Traverses la frontière, parcours les limbes qui étaient pour toi demeure éternelle. Ressurgis dans le présent, apparais au milieu du cercle. (Sa voix monta). J’ouvre la porte de ta prison temporelle ! ».

6

Le silence régnait, lourd et puissant. Ils pouvaient quasiment entendre leur cœur battre la chamade. Florent était terrifié ; le silence était tellement fort, oppressant. Mais il n’allait pas, quelque chose clochait, il semblait trop…irréel, comme si le monde avait arrêté de tourner.

Le calme avant la tempête, pensa Florent.

Il ne savait pas à quel point il avait raison. Ils s’entreregardèrent tous. Sébastien essayait de retenir un fou rire mais ne put pas le contenir très longtemps. Il éclata d’un gros rire franc qui résonna jusque dans l’autre pièce.

Mais, songea Florent, il n’y a jamais eu d’échos dans la cave…

Le rire s’amplifia, devint plus fort. Le visage de Séb se tordait en un rictus d’hilarité terrifiant. Il riait tellement qu’il en tomba à quatre pattes au centre du cercle. L’écho du fond de l’autre pièce semblait se rapprocher. Le rire résonnait, résonnait, résonnait…Il devint subitement si strident que Naomi, Cindy et Florent reculèrent en se bouchant les oreilles. Les murs et le sol commencèrent à remuer légèrement. Une brise se leva tandis que Sébastien se tordait toujours de rire. Tout à coup, son rire devint rauque, enroué. Un souffle puissant et vertical jaillit du cercle qui brillait d’une lumière blanche et aveuglante. Florent hurla tandis que les deux filles se tenaient dans les bras l’une de l’autre, comme deux gamines. C’était maintenant un vent qui soufflait dans le sous-sol. Le rire continuait. Des éclairs foudroyèrent le pentacle et les pots de peintures explosèrent. Les spasmes gonflaient puis dégonflaient à une vitesse incroyable la cage thoracique de Sébastien, si bien qu’on aurait pu croire qu’il avait une crise d’épilepsie. Il leva la tête. Les cris de terreur des trois autres redoublèrent d’intensité. Son visage était horrible. Il avait les yeux verts luisants, à l’intérieur desquels une fine rétine les observait. On aurait dit ceux d’un reptile carnivore. Sa bouche, montrant des dents pointues, acérées, semblait sourire. Une écume verte et baveuse lui coulait à la commissure des lèvres, puis elle s’écoula plus abondamment. Sur sa joue droite, une cloque immonde enflait, à tel point qu’elle éclata, laissant échapper une sanie verdâtre et épaisse. Le hâle soufflait plus fort ; les murs tremblaient. Le monstre bondit sur ses jambes tel un félin. Il se tint debout et observa les trois êtres apeurés au bout de la pièce. Il avait complètement arrêté de rire mais son visage répugnant gardait toujours le même rictus joyeux. Ce fut alors qu’il prononça ces paroles :

« Merci de m’avoir libéré après toutes ces années ! ».

Sa voix grave rebondissait contre les parois. Le vent tomba brusquement. Le monstre balaya la pièce du regard et vit l’établi à outils. Ses yeux s’agrandirent démesurément et la table se mit à trembler. Un tournevis s’éleva dans les airs. La « chose » le fixait et d’un geste de tête, le fit voler en direction de Naomi. Elle tenta désespérément de l’esquiver mais le projectile l’atteignit au cœur, s’enfonçant douloureusement dans sa chair jusqu’à ce qu’elle tombât morte. Florent et Cindy restait pétrifiés par cet horrible spectacle. Ils se regardèrent une seconde et quand Cindy tourna la tête , elle ne comprit rien, sinon qu’elle sombra à jamais dans le néant. Un marteau se logea profondément dans son crâne. Elle tomba dans les bras de Florent mais dès qu’il vit le visage du cadavre et le sang qui jaillissait de la plaie, il recula en laissant tomber le corps de la jeune fille. Il se retrouvait maintenant seul avec le monstre sanguinaire ; lequel avança lentement de sa future victime. A chaque pas du monstre, Florent reculait ; mais il finit par se retrouver contre le mur. Il essaya de voir les différentes possibilités qui s’offraient à lui mais il devait se rendre à l’évidence, il était bloqué et il allait mourir. Sa respiration s’accéléra et il poussa un dernier hurlement avant que le monstre ne s’abattit sur lui, comme un serpent sur sa proie…

7

La voiture des parents était sur le chemin du retour. Il était trois heures moins vingt-cinq et la nuit étoilée était admirablement claire. Philippe, le père, conduisait impassible. Malgré la soirée arrosée qu’ils avaient passé, il n’avait pas bu une goutte d’alcool car il détestait tout simplement ça, tout autant que la cigarette. Vincent était assis à l’arrière, silencieux ; sa tête touchait la vitre et il fixait les lampadaires qui bordaient la route ; ils semblaient danser, ce spectacle avait quelque chose de reposant, de planant, un peu comme quand on vient de fumer un petit joint. La voiture passa à un petit carrefour qui était désert. Tout le monde était silencieux, peut-être à cause de la fatigue. Maintenant, le véhicule filait vers le moderne carrefour de l’Europe. Un fourgon de la gendarmerie était tapi à l’ombre d’un platane. Philippe l’aperçut et dit calmement :

« J’espère que tout le monde a sa ceinture…Y’a les flics ! ».

Vincent fut tiré de ses rêveries. Il se redressa normalement dans son siège et d’un geste rapide mis sa ceinture de sécurité. La voiture tourna autour de la fontaine qui envoyait, par ses quatre jets, de l’eau sur la très belle (et surtout très chère pour les contribuables) pelouse qui l’entourait. Les policiers ne semblaient être nullement intéressés par le véhicule des Belcourt qui allait à vitesse réglementaire.

Ils attendent les jeunes, pensa Vincent. Ceux qui sortent plus tard des boîtes de nuit, beurrés comme pas possible.

La voiture s’engagea donc dans une petite place. Philippe se gara à « sa » place, car entre voisins, on savait les places habituelles. Il coupa le moteur et les portes s’ouvrirent. Les trois personnes sortirent et refermèrent les portières derrière elles. Philippe verrouilla la voiture et l’alarme se brancha automatiquement. Une légère brise les fit frissonner quand ils commencèrent à marcher dans la rue sombre menant à leur maison. Ils pouvaient voir, de là où ils étaient, la lune près du majestueux clocher St Saturnin, qui, éclairé par des projecteurs puissants, surplombait la petite cité endormie. Les claquements secs des talons de Carole résonnaient fortement. Ils arrivèrent devant le portail de leur résidence ; ils entrèrent et traversèrent un petit jardin où poussaient quelques lauriers-roses. Ils montèrent les marches qui les séparaient de la porte d’entrée, pour se retrouver sous le porche. Philippe prit sa clé et, en un tour, ouvrit la porte. La maison silencieuse était plongée dans l’obscurité…

8

Philippe entra et alluma la lumière dans le corridor. Carole et Vincent le suivirent. Il enleva sa légère veste qu’il accrocha au porte-manteau. Il entra dans la cuisine et chercha l’interrupteur, il le trouva et la pièce s’éclaira. Il observa un moment la cuisine songeur, scrutant des traces de désordre mais rien de tout cela. Il retourna dans le salon et dit à sa femme :

« Tiens, c’est bizarre…

- Quoi donc, chéri ? demanda Carole.

- Eh bien, va voir dans la cuisine ».

Elle alla jusqu’à la cuisine puis, ne trouvant rien de spécial dans la pièce, regarda son mari médusée.

« Que suis-je sensée voir ?

- Rien et c’est ce qui m’étonne de la part de Florent…J’aurais parier qu’il aurait appelé des copains et fait une petite fête !

- Voyons ! Tu crois vraiment que notre fils est de ce genre-là ? interrogea Carole d’un air malicieux.

- Peut-être que je me suis trompé…En tout cas, moi, quand j’avais son âge, c’est ce que je faisais ! ».

Ils sourirent tous les deux.

Vincent, pendant ce temps, se dirigea dans la salle de bain. Il entra, s’installa devant le miroir puis fit couler lentement l’eau du robinet. Il s’aspergea délicatement le visage et entendit au loin sa mère :

« Je vais voir s’il est dans sa chambre ».

9

Elle traversa le salon puis descendit les cinq marches menant à la chambre de son fils, en essayant de faire le moins de bruit possible. Elle longea le petit couloir. La porte de la chambre était légèrement entrebâillée ; aucune lumière ne s’en échappait. Elle poussa doucement la porte qui émit un faible grincement. Une ombre se tenait debout devant la fenêtre.

« Florent, qu’est-ce que tu fais ? demanda-t-elle en avançant vers la forme. Florent…quelque chose ne va pas ? ».

Elle toucha l’épaule de son fils et il se retourna. Carole fut hypnotisée par les yeux verts et luisants du monstre. Elle fut paralysée ; si bien qu’elle ne sourcilla même pas lorsqu’une lame, éclairée par les rayons blancs et maléfiques de la lune, s’abattit.

10

Philippe se trouvait assis dans le fauteuil du salon quand il entendit un bruit sourd provenant des chambres. Il tendit l’oreille mais ne réussit qu’à percevoir Vincent, qui se brossait les dents dans la salle de bain. Il crut reconnaître le bruit d’une porte qui s’ouvre. Il appela faiblement :

« Carole…Carole, c’est toi ? ».

Comme il n’y eut pas de réponses, il se leva et se dirigea vers les cinq marches. Il les descendit très lentement, les yeux rivés sur la porte de la chambre de Florent. Il avança, passa devant la pièce où se trouvait la vieille chaudière puis s’arrêta ; son cœur battait fortement dans sa poitrine sans qu’il ne puisse en connaître les raisons et sans qu’il ne puisse arriver à se contrôler. Il poussa la porte et découvrit petit à petit la chambre de son fils. Il aperçut une forme sous les draps et une chevelure noire émergeant de la marée de tissus fins. Il s’approcha doucement du lit. Il toucha l’épaule de la forme et le corps se retourna en une vision d’horreur. C’était Carole, un rictus effroyable avait été tailladé sur son visage par un couteau de boucher. Il resta paralysé quelques secondes, le temps de se rendre compte vraiment de la situation. Il se précipita alors hors de la chambre. Ses gestes lui semblaient très lents. Et tandis qu’il allait monter vers le salon, la porte de la chaudière s’ouvrit ; une forme indistincte en surgit. Des yeux verts, éclatants mais sans vie le fixait depuis les profondeurs abyssales des ténèbres. La main du monstre, d’une extrême puissance, plaqua violemment Philippe contre le mur. Avant qu’un quelconque son ne puisse s’échapper de sa gorge, une lama glacée et ensanglantée s’enfonça dans son œil droit et lui traversa le crâne. Il fut cloué au mur par la puissance inhumaine de l’assaut…

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Vincent finit de se laver les dents puis se dirigea joyeusement dans le couloir. Il pouvait voir la lumière allumée dans le salon mais n’entendait plus aucun bruit. Il alla dans la cuisine pour boire un verre d’eau puis se dirigea vers le salon.

Lorsqu’il entra dans la pièce, son sang se glaça littéralement dans ses veines. Il voyait la chose la plus abominable qu’il verrait de toute sa vie. Il n’arrivait pas à accepter ce que ses yeux lui montraient. Son père était pendu au lustre avec la moitié du visage arrachée et une mare de sang sous ses pieds. Sa mère était assise dans le fauteuil un sourire sanglant et cannibale dessinée, par un artiste cinglé, sur son visage. Sa robe était en lambeaux, tailladée hideusement par un couteau ou un ciseau. Mais Vincent n’était plus là, son cerveau ne fonctionnait plus, il était parti ailleurs, à cent milliards d’années lumière de ces visions de déments, au fin fond de l’Univers. Quand il ré-atterrit dans son corps, c’est comme si son cerveau allait exploser. Il hurla de toutes ses forces, à s’en faire exploser les cordes vocales. Il se rua vers la sortie quand une voix caverneuse s’adressa à lui :

« Où vas-tu ? ».

Son sang se glaça pour la deuxième fois. Il ne voulait pas se retourner ; il se doutait qu’il allait voir son père se détacher de sa corde ou bien sa mère se lever, pour venir le tuer. Il se retourna très lentement…

Il vit un monstre, une abomination de la Nature, un démon surgit de l’Enfer. Cette « chose » avait pris le corps de son frère, mais sa peau était putréfiée à un stade très avancé ; ses mains immenses et possédants de proéminentes griffes tenait un couteau de cuisine. Mais le plus impressionnant restait les yeux de la créature, il luisait d’une couleur verte fluorescente et semblait être deux fenêtres sur l’Infini, ou sur les profondeurs ténébreuses du Mal.

Vincent avait le cœur qui battait si fort qu’il sentait qu’il pouvait imploser à tout instant. Sa respiration devint haletante. Il tira la porte mais elle se referma aussitôt et se bloqua à double tour. Il continua à forcer dessus, regardant le monstre immobile à l’autre bout de la pièce ; lequel se décida à avancer. Vincent laissa tomber la porte et décida de courir vers la cuisine pour y chercher une arme pour se défendre. Mais à peine avait-il fait trois pas qu’il sentit la présence du monstre dans son dos. Une main griffue lui attrapa les cheveux et il sentit, ensuite, une douleur fulgurante partant du bas du dos et lui arrivant au cerveau. C’était la lame du couteau qui accomplissait son œuvre destructrice.

Vincent tomba sur le sol, mort…



EPILOGUE

Extrait du « Midi Libre » de Pont-Saint-Esprit, du lundi 17 Juin 1996, à la une :

« FAIT DIVERS TRAGIQUE A PONT ST ESPRIT »

Un adolescent assassine six personnes et se donne ensuite la mort.

« Ce terrible drame marquera notre ville à jamais ». Cette phrase de notre maire pendant l’enterrement des victimes peut résumer, à elle seule, toute l’horreur de cette affaire. Le jeune adolescent de la famille Belcourt, Florent, dix-sept ans, a assassiné ses parents, son jeune frère de quinze ans ainsi que trois amis, samedi soir dans la résidence de ses parents. Il les a sauvagement mutilés et a découpé certains cadavres. Le médecin légiste aurait même trouvé de la chair humaine dans l’estomac du garçon. Parmi les amis tués, se trouvaient deux jeunes filles qui ont sans doute été violées après leur mort. Pendant la cérémonie, la douleur des familles était immense, tout comme leur incompréhension devant la sauvagerie des meurtres.

Un psychiatre explique que la folie meurtrière, nécrophile et cannibale de l’adolescent aurait continuée longtemps, si un voisin, qui avait entendu des cris dans la nuit de samedi à dimanche, n’avait prévenu aussitôt la police. Les gendarmes sont arrivés rapidement sur les lieux mais il était trop tard car le jeune meurtrier gisait sur le sol de la cave, la gorge tranchée par le même couteau qui lui avait servi a accomplir son horrible massacre.

Le docteur Jean-Michel Mandeux, du service psychiatrique de l’hôpital de Bagnols-Sur-Cèze, cherche toujours une explication. Il n’arrive pas à savoir quel déclencheur peut transformer un adolescent brillant en un tueur sanguinaire, anthropophage et nécrophile.

La question demeure et demeurera sans réponse…

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